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Généalogie familiale de mes filles, en Normandie et ailleurs


Une vie rythmée par la religion : le baptême, vers le Salut Eternel

Une vie rythmée par la religion : le baptême, vers le Salut Eternel

La loi de L'Église recommande l'enregistrement par écrit du baptême par le curé et celle de l'État le rend obligatoire par ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539. Depuis le Concile de Trente (1563), le nouveau-né doit être baptisé dans les trois jours qui suivent l'accouchement, sous peine d'excommunication pour les parents contrevenants. Le plus souvent, il l'est le jour même voire le lendemain. Il est donc impossible d'inviter les parents géographiquement éloignés. Le père l'emmène par n'importe quel temps vers les fonts baptismaux éloignés parfois de quelques kilomètres, à moins que le prêtre ne décide de lui-même de le baptiser à domicile. On ne donne pas de prénom au bébé qui vient de naître car cela lui porterait malheur. La famille prendra souvent soin d'emporter une cruche d'eau au cas où l'enfant viendrait à décéder en cours de route.

La mère n'assiste pas au baptême : une cérémonie particulière, « les relevailles », lui est réservée un peu plus tard : bénédiction purificatoire ainsi qu'une messe dite à son intention car l'accouplement, pêché de chair, ainsi que le sang de l'accouchement l'ont rendue impure. Ce jour-là, elle va à l'église accompagnée d'une voisine et, agenouillée sur le parvis un cierge allumé à la main, elle doit attendre que le prêtre vienne la bénir et réciter des psaumes. Puis elle assiste à sa première messe d'action de grâces pour remercier Dieu de sa maternité. Elle apporte aussi un pain qu'elle fait bénir et qu'elle partagera avec le curé. Enfin, après quelques dernières prières, elle rejoint sa maison où elle retrouve toute sa place et ses tâches quotidiennes. Elle peut aussi rendre visite à ses voisines et reprendre vie dans la société.

Le parrain et la marraine sont le plus souvent choisis dans la famille, assez souvent les grands-parents, puis oncles et tantes, cousins germains, frères et sœurs aînés, et dans les trois quarts des cas,transmettent leurs prénoms. Arrivent aussi parfois châtelain ou notable, curé, régisseur, duquel on espère toujours une protection ou une éducation pour l'enfant, ou une petite somme d'argent quand celui-ci vient à décéder. Il se peut cependant que les parents, pris de court, demandent au premier voisin rencontré sur la route de l'Église... mais tout le monde ne peut être choisi comme parrain ou marraine. Il faut être catholique et de bonne vie, appréciation laissée au curé du village. Le parrainage familial resserre les liens de parenté puisque les parrains ont envers leur filleul un devoir d'éducation religieuse mais aussi des obligations matérielles en cas de décès des parents. Par ailleurs, le choix de la famille proche est un moyen d'éviter la consanguinité, le mariage entre parrain et filleul étant interdit.

Les enquêtes sur les prénoms ont montré qu'en milieu catholique, mis à part les spécificités locales, les prénoms les plus répandus sont :

1. Jean et Marie

2. Pierre et Anne

3. Jacques et Catherine

4. François et Marguerite

Les Réformés (protestants) qui représentent 8% de la population nationale, font baptiser leurs enfants le dimanche suivant la naissance, jour de rassemblement pour le culte.

En Normandie, pour éviter tout risque, le baptême est célébré deux ou trois jours après la naissance, sauf dans le pays de Bray. Lorsque le baptême est plus tardif, on ondoie l'enfant pour le protéger. La marraine emmène l'enfant à l'église à pied ou en carriole ; parfois c'est la commère qui, en tête du cortège, conduit le nouveau-né à l'église. L'enfant est porté sur les fonts baptismaux dans certains cas par plusieurs parrains et marraines. Aucune tenue particulière n'est adoptée pour l'enfant, seulement pour le draper le voile de mariage de sa mère s'il y a eu, qui est censé protéger l'enfant. Plus tard ce sera à la marraine d'acheter la robe de baptême et les dragées si c'est une fille, le parrain s'occupant des dragées si c'est un garçon.

Le prêtre administre le baptême et pose le chrémet ou « chrémeau » sur la tête de l'enfant. Le garçon le conserve neuf jours et la fille seulement trois, sous peine de l'exposer à des règles douloureuses. L'enfant reçoit un prénom ce qui lui donne un céleste protecteur, les prénoms autorisés par l'Église se résumant à la liste des Saints. L'acte de baptême est alors enregistré avec les signatures à la sacristie, on offre une boîte de dragées ainsi qu'une somme d'argent au prêtre. Le sonneur envoie les cloches, la grosse pour les garçons, la petite pour les filles. Pour le baptême d'une enfant légitime, la durée de branle des cloches est fonction de la générosité du sonneur. Parfois le branle peut durer plus d'une heure. On y tient tellement que parfois le curé interdit de sonner les cloches pour punir un baptême trop tardif. Dans certaines régions, le parrain et la marraine tirent ensemble les cloches pour éviter la surdité à leur filleul. Ailleurs le parrain tire seul la cloche et alors il est dit que l'enfant chantera bien. Lorsqu'il s'agit d'un enfant naturel, d'un « petit poussin des haies », le baptême se fait sans sonnerie de cloches et le plus souvent, se déroule à la nuit tombante.

A la sortie de l'Église, le parrain lance des piécettes ou des dragées aux enfants qui attendent sur le parvis. Après la cérémonie religieuse suit souvent la tournée des auberges du village puis toujours un bon repas au domicile des parents. L'enfant est alors présenté à sa mère par la marraine, qui lui révèle les prénoms choisis.

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